Délégationdu Jura

Journées nationales prison

La prison : entreprise d’insertion ?

Toutes les pistes de la réinsertion explorées

Mercredi 23 novembre, le collectif local « Prison » du Jura s’est réuni au Puits-Salé pour échanger au cours d’une table ronde autour du thème : « La prison, entreprise d’insertion ? ».

publié en mai 2012

Comme toutes les années, la délégation Secours Catholique du Jura participe au petit groupe local de concertation de la maison d’arrêt et nous déclinons le thème national.

Réfléchir sur la prison, signifie réfléchir sur le sens de la peine et sur les conditions de son déroulement. Afin que la peine ne reste qu’expiatrice, la réinsertion du détenu dans la société demeure d’une importance primordiale.

D’emblée, le processus de réinsertion fait immédiatement penser au travail. La loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 introduit l’obligation d’activité durant l’exécution de la peine. Il ne s’agit pas d’un travail obligatoire, mais au contraire d’activités variées parmi lesquelles la formation professionnelle, le travail dans un atelier de production… S’il est vrai que le travail en détention facilite et allège l’exécution de la peine, en permettant une socialisation dans un environnement qui se veut professionnel, il faut dire, comme cela a été souligné lors de la réunion, que des risques d’exclusion doivent également être conjurés.

De la gestion des visites, à la prise de parole en groupe, aux soins médicaux et à la préparation à la sortie, le travail ne représente qu’un des multiples éléments du parcours de re-socialisation.

La prison étant un lieu de privation de liberté, il est nécessaire de ne pas la transformer en un lieu d’exclusion sociale. Le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), l’Association nationale des visiteurs de prison (ANVP), les aumôneries catholique, musulmane et protestante, et d’autres associations, œuvrent au maintien des liens avec la famille, la culture et la société en général, en accompagnant tant les détenus que les familles et en s’efforçant de retisser le lien social.

Par le biais et la participation d’associations diverses, il est possible de transformer les murs de la prison en frontières « poreuses » facilitant les échanges avec la société.

Dans le cadre d’un atelier artistique, 26 photos ont été réalisées par des détenus à la maison d’arrêt de Lons : elles sont exposées dans les locaux de l’association d’accueil de familles de détenus jusqu’au 9 décembre. L’idée est de permettre aux participants de « reconstruire une image positive d’eux-mêmes » et de « montrer qu’ils ont du talent », tient à souligner le réalisateur et photographe Vincent Bidault, qui a animé l’atelier. Au fond, comme le dit sœur Marie-Régis, visiteuse de prison, « rien n’est perdu pour personne ».

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